Expatrié depuis plus de huit ans dans la baie de San Francisco, Melvin Karsenti est l’une des plumes les plus connues de basketusa.com. Conseiller marketing le jour et journaliste la nuit, celui qui rêvait de devenir Michael Jordan a, à sa façon, réussi à se faire une place dans la « Grande Ligue ». Un parcours étonnant d’un amoureux de la balle orange, qui a décidé de transformer son rêve américain en réalité.
De notre côté de l’Atlantique, nous sommes beaucoup de passionnés à se lever en pleine nuit pour suivre les joutes quotidiennes de LeBron James et consorts. Un rythme de vie pas toujours facile à assumer surtout quand on doit, le lendemain, se rendre tôt en cours ou au travail. Melvin Karsenti, installé à San Francisco depuis huit ans, n’a pas de ce genre de problèmes. Ses journées, en revanche, n’en demeurent pas moins très chargées. Rien de bien surprenant pour quelqu’un qui mène une double vie. Les jours de matches, sur les coups de 17h, il quitte l’agence de marketing où il travaille pour rejoindre son amour de plus de vingt-cinq ans : la NBA. Vingt minutes de marche seulement, le séparent du Chase Center, la salle flambant neuve des Guerriers de la Baie. Arrivé sur place, il troque sa casquette de marketeur pour celle de journaliste. Depuis son arrivée dans le Paris de l’Ouest, le frenchie n’a pas manqué beaucoup de rencontres des Golden State Warriors et de leur incroyable parcours. Difficile pour lui, de ne dégager qu’un seul souvenir. « J’ai eu la chance de voir beaucoup de matches de folie à l’Oracle (l’ancienne salle des Golden State Warriors située à Oakland). Les performances plus folles les unes que les autres de Stephen Curry, les 60 points de Klay Thompson, la facilité déconcertante de Kevin Durant, Draymond Green, Iguodala… mais LE match qui m’a marqué reste le Game 7 des Finals 2016 (finalement perdu par les Warriors). La tension dans la salle, le scenario du match, c’était tellement incroyable que j’en avais du mal à écrire ! »
From Saint-Chamond to San Francisco
Comme beaucoup de jeunes ayant grandi dans les années 1990, Melvin a découvert la NBA grâce à « His Airness » Michael Jordan. « La NBA a bercé toute mon enfance et m’a aidé à forger une passion sans frontières pour le basket. Michael Jordan était mon idole, j’avais des posters partout dans ma chambre. » Il garde un souvenir vivide des finales de 1993 opposant les Chicago Bulls du mythique numéro 23 aux Phoenix Suns du MVP de saison régulière « Sir » Charles Barkley. « Je regarderais une action, je mettais sur pause, et j’allais dans notre jardin pour essayer de copier MJ sur mon panier Playskool. » Finalement, à l’inverse de Kobe Bryant, il ne réussira jamais vraiment à imiter le maître. Atteint du mal français (coucou Frank Ntilikina), Melvin préfère passer la balle à ses coéquipiers du club de Saint-Chamond, où il a fait toutes ses classes, plutôt que de marquer. Malgré des envies précoces de journalisme sportif, en 1998 par exemple il s’amuse à écrire des préviews de chaque match des finales, il n’abandonne pas pour autant les parquets et son rêve de NBA. Après quelques apparitions dans le groupe sénior de son équipe en National 1, il est prêté au club de Beaumarchais, en banlieue lyonnaise. Il y participe au championnat de France cadets avec leur équipe de Nationale 3 et continue, en parallèle à s’entrainer deux fois par semaine avec l’équipe de Nationale 1 de Saint-Chamond. Sa vie bascule l’année suivante. « Je suis parti à Richmond, dans l’état de Virginie, pour jouer en high school. J’avais décroché une bourse l’été précédent en participant à l’American Basket Camp. J’ai fait un an à la Trinity Episcopal School, dans une expérience absolument incroyable. » L’année suivante, il retourne jouer et finir ses études en France. « Je n’avais qu’une envie : retourner vivre aux États-Unis. Je me suis mis à chercher des postes là-bas et j’ai eu la chance de décrocher le poste d’attaché de presse au consulat général de France à San Francisco. J’avais un contrat de deux ans, j’y ai rencontré ma femme, et plus de huit plus tard, j’y habite toujours ! »
Warriors, warriors !
Après avoir un temps envisagé de devenir journaliste avant de se diriger vers les relations internationales, il renoue avec sa passion de l’écriture à son arrivée à « Frisco ». « Je connaissais la NBA sur le bout des doigts. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, j’ai commencé à poster des mini récaps de certains matches que je regardais en live. Plus tard, je me suis dit pourquoi ne pas postuler à Mondial Basket, à l’Équipe… » Il rejoint finalement Catch & Shoot, l’ancêtre de Be Basket et tombe progressivement amoureux des Warriors. « Je suis arrivé dans la Baie lors de la saison du lockout, celle de la première année de Mark Jackson et j’ai eu la chance incroyable de les voir passer de jeune équipe en reconstruction à équipe de playoffs, pour finir sur les cinq saisons exceptionnelles culminées par trois titres, cinq finales, et une saison record à 73 victoires. J’étais/je suis au bon endroit, au bon moment. » Là, tout s’enchaîne pour Melvin. Il interview le « Logo » Jerry West, rencontre Vince Carter dans les vestiaires, est présent à l’hommage rendu à Charlie Hebdo à l’Oracle Arena, plus récemment au retrait de maillot de Tony Parker … On pourrait le croire rassasié, mais que nenni. Il souhaite continuer à partager sa passion du basket et à vulgariser les aspects tactiques et stratégiques de son sport auprès du grand public. Melvin Karsenti continue de rêver d’Amérique, de NBA. « J’aimerais devenir le premier français à être beat writer d’une équipe NBA. Et, j’aimerais pouvoir interviewer Michael Jordan. Wish me luck ! ». Comme dirait Laurent Paganelli : « en tout cas, on te le souhaite ». A sa façon, sans enfiler de sneakers, Melvin ouvre la voie pour toute une génération de français qui rêvent de NBA.
