Plus que les nombreux highlights de football américain qui déferlent sur le web, les réseaux sociaux sont devenus un nouvel outil pour les joueurs afin de se faire repérer.
« Si j’avais été joueur il y a dix ans, je ne sais pas si j’aurais eu cette opportunité ». Karl Mongosso, 19 ans et joueur de football américain à La Courneuve, évoque un All-Star game où il a eu l’occasion de performer l’an dernier. D’après le jeune receveur, cette opportunité n’est pas étrangère aux réseaux sociaux. « Je pense que les réseaux sociaux aident beaucoup aujourd’hui. Les moyens de communications ont beaucoup changé, ça fait la différence. Je pense que si j’ai pu aller au All-Star game c’est grâce à Instagram. Aujourd’hui c’est plus facile pour se faire remarquer et contacter des coaches ou autres », explique Karl Mongosso.
Si l’exposition du talent du jeune joueur sur Instagram lui a permis de rejoindre ce All-Star game, cela lui a également permis de rencontrer Brandon Collier. Ancien joueur de NFL et de CFL, Brandon Collier s’occupe aujourd’hui de PPI Recruit. Ce programme, basé en Allemagne, a pour objectif de détecter des talents à travers le monde, notamment en Europe, et de les accompagner pour éventuellement les envoyer en NFL. L’action de PPI Recruit comprend une grosse couverture sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter.
Suivi par plus de 3 000 personnes, le compte Twitter de PPI Recruit diffuse régulièrement des vidéos d’entrainement et de camps des joueurs qui font partie du programme. Karl Mongosso est dithyrambique à propos de Brandon Collier : « Il n’y a personne avec qui j’ai déjà travaillé avec qui je pourrais le comparer. Il a un réel talent pour déceler les facultés des joueurs. Il a aussi un don pour parfaitement utiliser son réseau de contacts qu’il s’est forgé au fil de sa carrière pour donner des opportunités à ses joueurs. »
Twitter, réseau de recrutement numéro 1
A quelques semaines de découvrir la première division NCAA, Wilfried Pene reconnaît également que sa progression et ses opportunités américaines sont liées aux réseaux sociaux. Pour lui, ce n’est pas Instagram qui l’a propulsé mais le réseau social à l’oiseau bleu : « Twitter c’est le reseau social qui permet aux joueurs de se faire recruter. Tout au long de l’année tu es suivi par les coaches d’université, surtout sur Twitter. C’est là que les joueurs mettent leurs highlights, que les coaches discutent. Plus tu es visible sur Twitter, plus les coaches aiment ça. J’ai essayé de mettre mes vidéos sur Twitter, je n’hésitais pas à mettre sur twitter que j’arrivais à bouger des joueurs américains bien notés en universitaire (4-5 étoiles). »
Le haut niveau américain, Anthony Mahoungou le connaît. Avant son expérience à Purdue en NCAA et aux Eagles de Philadelphie, le receveur reconnaît lui aussi s’être servi des réseaux sociaux pour progresser. « Avec des gars de mon club, notamment le célèbre youtubeur Prime, on passait notre temps à s’entraîner. J’allais sur YouTube et je regardais des drills, des techniques d’entraînement de joueurs de NFL, NCAA ou des meilleurs prospects d’highschool, et je reproduisais les exercices », révèle l’ancien joueur de Philadelphie.
Suivre l’évolution des jeunes
Si les réseaux sociaux n’étaient pas aussi développés lors de sa carrière sportive, Philippe Gardent, 40 ans, ancien joueurs des Redskins et des Panthers, aime les utiliser pour s’informer sur les futures pépites françaises. Il raconte : « Je suis fier quand je vois un gars qui signe en college sur les réseaux sociaux, ça me fait plaisir de prendre contact avec lui et de lui dire : félicitation, j’espère que tu vas tout déchirer. J’espère que tu vas représenter notre pays comme il faut et continuer à faire évoluer notre sport ». J’ai beaucoup aidé Anthony Dablé au début dans sa structuration. A chaque fois que j’ai pu aider des jeunes je l’ai fait. Aujourd’hui on devient de plus en plus vieux et il y en a d’autres depuis (qui ont pris le flambeau). J’espère juste que les jeunes se rendent compte que nous on est là pour eux et que c’est vers nous qu’il faut se tourner. On n’a pas besoin de se connaître, pour moi c’est comme une fratrie ».
Si les opportunités d’aller évoluer sur les terrains de football américain aux Etats-Unis se multiplient pour les jeunes joueurs français, les réseaux sociaux n’y sont sûrement pas étrangers. Leur démocratisation sera-t-elle ce petit plus qui permettra d’envoyer plus de joueurs français en NFL ? L’avenir (proche) nous le dira.
